Le Management du Risque Fournisseur

Un enjeu prioritaire

La Théorie du Cygne noir, développée par le philosophe Nassim Nicholas Taleb, est une théorie dans laquelle on appelle cygne noir un certain événement imprévisible qui a une faible probabilité de se dérouler (appelé événement rare en théorie des probabilités), et qui, s’il se réalise, a des conséquences d’une portée considérable et exceptionnelle. Taleb a dans un premier temps appliqué cette théorie au monde de la finance. En effet, les évènements rares sont souvent sous-évalués en termes de prix à payer. L’incertitude est source de risques et d opportunités, susceptibles de créer ou de détruire de la richesse. La valeur d’une entreprise est maximale, lorsque la direction détermine des objectifs qui permettent d’atteindre un équilibre entre croissance et rendement sous contrainte d’un niveau de risques acceptable. Selon le COSO (Committee Of Sponsoring Organizations), le management des risques est un processus mis en œuvre par le conseil d’administration, la direction générale, le management et l’ensemble des collaborateurs de l’organisation. Il est pris en compte dans l’élaboration de la stratégie ainsi que dans toutes les activités de l’organisation. Il est conçu pour identifier les événements potentiels susceptibles d’affecter l’organisation et pour gérer les risques dans les limites de son appétence pour le risque. Il vise à fournir une assurance raisonnable quant à l’atteinte des objectifs de l’organisation. »

L’analyse du risque Achats : une étape indispensable

Par sa position au sein de l’entreprise, la fonction achats est l’interface principale entre l’entreprise et ses fournisseurs. La mondialisation s’est révélée comme une aubaine pour les entreprises car elle leur permet de trouver de nouvelles opportunités de réduction de coûts, en contrepartie de très peu d’investissement. Par une stratégie « Make or Buy » les entreprises préfèrent aller capter de l’innovation et de la compétitivité chez des fournisseurs experts dans leur métier. Il en résulte un partage de la chaîne de valeur qui lie intimement les partenaires clients et fournisseurs autour de la maîtrise technologique. Dans le cas d’externalisation les risques sont partagés avec le fournisseur, mais leur pilotage reste plus que nécessaire.

Risques de santé financière chez les fournisseurs

La mondialisation et la libéralisation du commerce international conduit les entreprises à explorer de nouvelles sources de productivité. Développer des affaires dans les pays à bas coûts engendre des prises de risques liées au fournisseur, mais aussi au pays dans lequel se trouve l’usine de fabrication. Selon les pays les risques à identifier sont :

  • La stabilité politique du pays, la puissance du système de contrôle de la monnaie, des banques
  • Le niveau de vie et d’éducation, sécurité, réglementations en vigueur, droit du travail
  • Les infrastructures économiques prix et accès à l’énergie, réseau de communication
  • Droit et réglementation en vigueur (droit de contrat, de douanes) administration corrompue
  • Risques éthiques et contrefaçon

Les risques sociaux concernent toutes les entreprises quelque soit le pays, mais le poids de la crise économique et des crises rejaillit sur le climat social d’un pays qui peut tout à coup se mettre en effervescence et impacter un fournisseur. Le climat social est difficile à anticiper cependant, les crises qui le jalonnent sont toujours l’expression de tensions internes à l’entreprise. C’est événements sont annonciateurs de perturbations dans l’activité industrielle du fournisseur, et peuvent avoir des effets immédiats sur les livraisons. Mais aussi sur la capacité pour le fournisseur de tenir ses engagements vis-à-vis de ses clients, qualité et délais. Les impacts financiers se feront ressentir plus tard dans les bilans et comptes de résultats. Pour l’acheteur, ces informations liées au fournisseur ne lui reviennent pas automatiquement par des canaux bien établis, cependant il devrait pouvoir rester sans cesse à l’écoute.

Risques juridiques et dépendance économique

Le taux de dépendance mutuelle est un critère facteur de risque fondamental à surveiller. Selon les industries, un taux de dépendance supérieur de 25 à 30% est considéré comme problématique. Evidemment, ce risque est directement lié avec la taille économique du fournisseur. Toutes les PME et PMI sont donc directement concernées par ce taux de dépendance à l’égard de leurs principaux clients.

Chiffrer le CTR ( Coût Total du Risque ) chez le fournisseur

La valorisation du CTR est une étape essentielle, car elle met en relief les véritables enjeux pour l’entreprise.